A l'échelle du globe, les régions d’endémie de la ciguatéra se superposent aux zones de développement corallien qui sont circonscrites aux aires intertropicales, avec une prédominance pour les régions insulaires.

Ainsi, le Bassin Caribéen, l’Océan Pacifique et l’Océan Indien, représentent une population de quelques 400 millions de personnes potentiellement exposées au risque toxique.

Si la ciguatéra  se développe préférentiellement dans les lagons et zones récifales, on peut toutefois la retrouver dans des eaux côtières profondes, même en absence de récifs coralliens.

         
              

Nombre de personnes affectées par la Ciguatéra

 

Le nombre de cas d’intoxication annuel à l'échelle mondiale a été estimé entre 50 000 et 200 000, mais ne représenterait que 20% du chiffre réel.

En effet, bien qu’étant considérée comme l’intoxication d'origine non bactérienne liée à la consommation de produits marins la plus répandue au monde, les chiffres de l‘impact sur la population globale souffrent d’un réel manque d’exhaustivité, imputable en partie au manque d’information, de surveillance épidémiologique et aux difficultés liées au diagnostic (souvent erroné ou tardif).

De plus, en raison de l'absence de traitement spécifique et efficace, beaucoup de personnes intoxiquées préfèrent se soigner seules sans l'aide d'un médecin, échappant alors au décompte, puisqu'ils ne font pas l'objet de déclaration.

Rares sont les pays disposant d'un réseau de veille sanitaire collectant des données sur la ciguatéra, ou obligeant sa déclaration systématique aux autorités de santé.

Cette perte d'information contribue donc à la forte sous-estimation du nombre de cas réel d'intoxication.

 

 

Cas "importés" de ciguatéra

                                                     

Le développement du tourisme, du commerce international et  l'attrait pour les denrées "exotiques", font des consommateurs de produits marins des régions tempérées de nouvelles victimes potentielles de la ciguatéra.

Ainsi, de nombreux cas dits « d’importation » sont recensés chaque année aux Etats-Unis, Canada, France, Allemagne, etc.

Il peut s'agir d'un touriste s'intoxiquant au cours d'un voyage en zone d'endémie, ou d'une intoxication survenant en zone tempérée après consommation de poissons contaminés importés.

Cartographie des cas importés de ciguatéra

 

Nouvelles régions concernées par la Ciguatéra

      

 Si la ciguatéra était jusqu’à peu considérée comme une problématique propre aux territoires insulaires et côtiers des eaux chaudes, nous assistons depuis quelques années à une expansion progressive des zones ciguatérigènes  vers des régions plus tempérées auparavant indemnes, en particulier l’Europe, la Corée, le sud de l'Australie...

C'est ainsi que des cas autochtones de ciguatéra (i.e. liés à la consommation de poissons pêchés localement) ont été répertoriés dans des nouvelles régions depuis le début des années 2000, notamment à Madère,aux îles Canaries, Vietnam, Indonésie, Malaisie, Macau, Thaïlande et Corée du sud.

L’émergence de ces nouvelles « zones à risque ciguatérique » pourrait trouver son origine dans les effets du changement climatique (réchauffement global) favorisant la prolifération, à l’échelle mondiale, des organismes toxino-producteurs et/ou la migration de poissons tropicaux et subtropicaux toxiques vers des régions plus tempérées.

 

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